117 Cécité consécutive à un hématome orbitaire par surdosage en anti-vitamine K

117 Cécité consécutive à un hématome orbitaire par surdosage en anti-vitamine K

COMMUNICATIONS ORALES PATHOLOGIES IATROGÈNES MÉDICALES ET CHIRURGICALES 114 116 Ablation des plaques sous conjonctivales de triamcinolone acétonide ...

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COMMUNICATIONS ORALES PATHOLOGIES IATROGÈNES MÉDICALES ET CHIRURGICALES 114

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Ablation des plaques sous conjonctivales de triamcinolone acétonide dans les hypertonies cortico-induites. Removal of sub-conjunctival triamcinolone deposit in corticosteroid induced glaucoma. EL HASSAN F*, BONNAIRE Y, MONTCRIOL AL, GEVART F, VIDAL J, MAURAGE CA, ROULAND JF, LABALETTE P (Lille)

La neuropathie optique radique iatrogène : aspect clinique et médico-légal. Radiation optic neuropathy: clinical and medico-legal aspect. JACQUES J*, MURA F, RAINGEARD I, VILLAIN M (Montpellier)

Introduction : L’injection sous conjonctivale de corticoïdes retard est largement utilisée dans le traitement des pathologies inflammatoires oculaires et dans certaines complications œdémateuses rétiniennes d’origines vasculaires. Parmi les complications potentielles de ce mode de traitement, la survenue d’une élévation de la pression intra-oculaire est la plus fréquente. En cas d’hypertonie majeure résistant à un traitement hypotonisant maximal, l’ablation de la plaque de corticoïde peut être proposée pour espérer un retour à la normale de la pression intra-oculaire. Dans cette étude, nous évaluons l’efficacité de cette option thérapeutique. Matériels et Méthodes : Entre août 2004 et novembre 2007, 13 patients en échec de traitement hypotonisant maximal ont bénéficié de l’ablation d’une plaque de corticoïde retard. Il s’agissait de 11 hommes et 2 femmes d’un âge moyen de 42 ans. Le contrôle systématique de la pression intra-oculaire a été réalisé après la chirurgie. L’efficacité du traitement a été évaluée sur la normalisation de la pression intra-oculaire post-opératoire avec ou sans traitement adjuvant. Résultats : Neuf des 13 patients traités avaient reçu 1 seule injection de triamcinolone, 2 avaient reçu 2 injections et les 2 derniers 3 injections. Le délai écoulé entre la dernière injection et l’ablation de la plaque résiduelle allait de 2 à 18 mois avec une médiane de 4 mois. La normalisation de la pression intra-oculaire a été notée chez 6 patients sans traitement hypotonisant (46 %) et chez 4 patients avec traitement hypotonisant (34 %). Pour les 3 cas restants elle est restée élevée et une chirurgie filtrante a dû être réalisée (23 %). Discussion : L’ablation de plaque de corticoïde retard est suffisante pour normaliser la pression intra-oculaire chez 50 % des patients, un traitement hypotonisant médical est nécessaire chez 1/3 des patients alors qu’une chirurgie filtrante est indispensable dans les cas réfractaires. Conclusion : Lorsqu’il n’est pas possible de normaliser la pression intra-oculaire à l’aide de traitement médical, l’ablation de plaque résiduelle voire la réalisation d’une chirurgie filtrante peuvent s’avérer nécessaires.

Introduction : La neuropathie optique radique est une complication iatrogène de la radiothérapie externe des macro-adénomes hypophysaires. Le diagnostic est difficile à confirmer en l’absence de données pré-thérapeutiques, plusieurs causes de neuropathie optique pouvant être intriquées comme la compression du macroadénome sur les voies optiques et/ou les complications post neuro-chirurgicales. Nous présentons les aspects cliniques de cette neuropathie à propos de 2 cas ainsi que les éléments du bilan pré-thérapeutique à réaliser dans un but médicolégal. Matériels et Méthodes : Deux sujets masculins de 57 ans présentant une neuropathie optique radique sont décrits ; le délai d’apparition, la notion de compression initiale ou de chirurgie hypophysaire, l’examen ophtalmologique avec photos des papilles, les périmétries statique et dynamique, l’OCT en RNFL et l’IRM des voies optiques sont présentés. Résultats : Un délai de 6 mois et 7 ans, unilatéral dans les 2 cas. Un cas opéré 5 ans avant. L’acuité visuelle est à PL- et 1/10 P20 avec une papille atrophique blanche. La périmétrie dynamique montre un îlot perceptible nasal inférieur, en statique les indices globaux sont bas. L’OCT RNFL montre une perte sévère, l’œil controlatéral sain montre aussi une perte infra-clinique. Les données pré thérapeutiques et la chronologie des évènements confirment l’étiologie radique de cette neuropathie. Discussion : Incidence estimée à 1.36 % dans un délai de 2 à 120 mois, l’atrophie optique induit un effondrement de l’acuité visuelle avec une perte en fibres nerveuses rétiniennes profonde en OCT. Souvent bilatérale, elle peut être unilatérale avec une atteinte infra clinique controlatérale comme nos deux cas. Nous n’avons pu confirmer l’origine radique d’autres cas similaires de neuropathie en l’absence d’éléments ophtalmologiques initiaux. Conclusion : Un bilan ophtalmologique complet (acuité visuelle, photos papilles, périmétrie statique et dynamique, OCT RNFL) doit être réalisé devant toute tumeur hypophysaire à toutes les étapes thérapeutiques pour documenter d’un point de vue médico-légal les éventuelles complications iatrogènes des rayonnements ionisants médicaux, à l’origine de neuropathie sévère dont il faut pouvoir rendre compte au patient.

115 Abcès cornéens et lentilles de contact cosmétiques. Microbial keratitis with cosmetic coloured contact lenses. ABRY F*, SAUER A, PAGOT R, SPEEG-SCHATZ C, BOURCIER T (Strasbourg) Introduction : Les lentilles de contact colorées sont utilisées à la fois par des sujets amétropes, à visée optique et esthétique, mais aussi par des patients emmétropes, dans un but purement cosmétique. Elles exposent cependant aux mêmes complications infectieuses que les lentilles de contact incolores. Matériels et Méthodes : Nous exposons trois cas d’abcès cornéens graves survenus chez des porteurs de lentilles cosmétiques. Chacun a nécessité une hospitalisation en urgence, un grattage cornéen au bloc opératoire à visée diagnostique et la mise en route d’une antibiothérapie massive par voie générale et par voie locale. Résultats : Pour le premier patient, un renouvellement insuffisant des lentilles a été incriminé. L’évolution est actuellement favorable. La seconde patiente s’est présentée avec une fonte purulente de la cornée. Les facteurs de risque étaient multiples : absence de suivi médical, toxicomanie, anorexie. Une kératoplastie sera discutée à distance. Enfin la troisième patiente, mineure, s’est présentée avec un abcès cornéen diffus, après avoir porté les lentilles colorées d’une amie. L’évolution est actuellement défavorable. Discussion : On constate une gravité particulière des infections cornéennes chez les porteurs de lentilles de contact cosmétiques, certaines étant facilement accessibles, notamment en grande surface ou sur internet, sans avis ni contrôle de l’ophtalmologiste, ni conseil d’un opticien. Conclusion : La mise en jeu du pronostic visuel doit faire considérer les lentilles cosmétiques comme des dispositifs médicaux, au même titre que les autres lentilles de contact. Cela implique la nécessité d’une prescription médicale initiale, leur distribution par des professionnels de l’optique et une surveillance ophtalmologique régulière. Seul un tel schéma permettra d’appliquer un contrôle de matériovigilance, actuellement inexistant pour ce type de lentilles.

117 Cécité consécutive à un hématome orbitaire par surdosage en anti-vitamine K. Blindness due to orbital hematoma secondary to overdosage of oral anticoagulation. BUI QUOC E* (Montrouge), ALLALI J, ROTHSCHILD P, BAJOLLE F, INGSTERMOATI I, SIDI D, DUFIER JL, ROCHE O (Paris) Introduction : Le traitement par anti-vitamine K agit sur la voie de la coagulation et un surdosage peut engendrer une hémorragie spontanée ou favoriser la survenue d’hématomes. Une cécité brutale peut survenir par hypertonie oculaire aiguë, compression ou arrachement du nerf optique. Matériels et Méthodes : L’observation d’un enfant de 8 ans sous anti-vitamine K pour prévention anti-thrombotique après dérivation cavo-pulmonaire totale fenestrée à l’âge de 3 mois pour atrésie tricuspide est présentée. Observation : Une semaine après un traumatisme frontal minime, un hématome douloureux bilatéral est survenu avec mydriase aréflexique unilatérale droite. Le bilan biologique retrouve une INR à 5,6. L’imagerie montre deux hématomes compressifs sus orbitaires en lentille biconvexe. Malgré la supplémentation en vitamine K et l’évacuation en urgence des deux hématomes avant 24 heures, la vision de l’œil droit reste limitée à la perception lumineuse vague. Discussion : La cécité brutale et irréversible est probablement, dans ce cas, due à un arrachement partiel du nerf optique, l’examen per opératoire retrouvant des pétéchies de la lame criblée. Le mécanisme compressif ou l’hypertonie semblent secondaires. Les deux hématomes orbitaires sous périostés ont un aspect évocateur d’hématome extra-dural. L’évacuation en urgence est impérative. Conclusion : Le traitement anticoagulant, dont l’indication dans le cas présenté est discutée par les cardiologues, est une thérapeutique dangereuse et peut conduire en cas de surdosage à des conséquences dramatiques. Son utilisation doit demeurer extrêmement prudente et la surveillance armée d’un tel traitement est indispensable. 1S49

Vol. 31, Hors Série 1, 2008

114 e Congrès de la Société Française d'Ophtalmologie