Expression de COX-2 par les cellules tumorales : un nouveau facteur pronostique ?

Expression de COX-2 par les cellules tumorales : un nouveau facteur pronostique ?

Oncologie thoracique Expression de COX-2 par les cellules tumorales : un nouveau facteur pronostique ? La valeur pronostique en termes de survie de l...

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Oncologie thoracique

Expression de COX-2 par les cellules tumorales : un nouveau facteur pronostique ? La valeur pronostique en termes de survie de la surexpression de COX-2 dans les cancers bronchiques a fait l’objet d’une métaanalyse regroupant 10 études portant toutes sur les CBNPC et qui, individuellement, concluaient 5 fois à l’absence de valeur pronostique, 4 fois à une valeur péjorative, une fois à une amélioration du pronostic [1]. La méta-analyse permet de conclure à l’absence de toute valeur pronostique sur la survie, mais l’analyse des 3 études portant sur les stades I est significative. En ce qui concerne les lésions pré-cancéreuses, l’analyse par immunohistochimie de l’expression de COX-2 sur des biopsies bronchiques ne montrait pas de surexpression pour les lésions de bas grade [2]. Par contre, 8 des 14 dysplasies sévères, 8 des 14 carcinomes in situ et 5 des 8 carcinomes invasifs présentaient une surexpression de COX-2. COX-2 est donc un marqueur précoce potentiel de carcinome épidermoïde. Les modèles animaux montrent qu’il existe dans les tissus normaux un équilibre entre la PGE2, pro-tumorigénique et la PGI2, anti-tumorigénique ; dans le tissu tumoral, on constate un switch avec production augmentée de PGE2 et diminution de PGI2. Or, les inhibiteurs de COX-2 sont anti-PGE2 et anti-PGI2. L’iloprost, qui augmente la PGI2, serait plus efficace dans la prévention et le traitement des carcinomes bronchiques : un essai de phase II avec cette molécule chez des sujets à risque est en cours.

Références 1

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Mascaux C, Martin B, Paesmans M, Berghmans T, Haller A, Meert AP, Dusart M, Lothaire P, Lafitte J-J, Sculier J-P : COX-2 as prognostic factor in lung cancer : systematic review of the literature with meta-analysis. Eur Resp J 2005 ; 26 : 481s. Mascaux C, Martin B, Verdebout J-M, Ninane V, Sculier J-P : COX-2 expression during early lung squamous cell carcinomas oncogenesis. Eur Resp J 2005 ; 26 : 456s.

Traitement des CBNPC par chimiothérapie inhalée L’administration de chimiothérapie par aérosol offrirait l’avantage d’une concentration élevée de cytotoxiques dans les bronches avec peu de diffusion systémique et donc vraisemblablement moins d’effets secondaires. Les auteurs présentent les résultats d’une étude chez l’animal (la souris nude) chez laquelle une lignée de carcinomes à grandes cellules a été implantée en endobronchique à J0 [1]. Un des animaux est mort lors de cette implantation. Des sprays endotrachéaux de placebo ou de gemcitabine ont été administrés à J1, J8, J15, J22 et J29. Trois groupes de souris ont été étudiés : un groupe contrôle recevant uniquement l’aérosol « vecteur », et deux groupes avec la gemcitabine, l’un à la dose 2S56

Rev Mal Respir 2006 ; 23 : 2S55-2S59

de 8 mg/kg (G8) et l’autre à la dose de 12 mg/kg (G12). Tous les animaux ont été sacrifiés à J36 pour examen histologique. Les 7 souris du groupe contrôle ont développé un volumineux carcinome infiltrant. Trois souris du groupe G12 ont développé plusieurs heures après l’administration de la gemcitabine un œdème pulmonaire fatal. La dose a donc été réduite à 8 mg/kg pour toutes les autres souris. On notait dans ce groupe l’absence de toute tumeur dans 4 cas et une tumeur significativement plus petite que dans le groupe contrôle dans les 9 autres cas. La tolérance du traitement était bonne à la dose de 8 mg/kg. À l’examen histologique, aucune lésion inflammatoire ou fibrosante n’était observée. Cette étude préclinique démontre la faisabilité de l’administration de la gemcitabine en aérosol chez l’animal et son efficacité. De nombreuses étapes doivent encore être franchies avant son utilisation potentielle en cancérologie bronchique. Et sa place dans la stratégie thérapeutique devra être déterminée.

Référence 1

Gagnadoux F, Le Pape A, Lemarié E, Lerondel S, Valo I, Leblond V, Racineux J-L, Urban T : Aerosol delivery of chemotherapy in an orthotopic model of lung cancer. Eur Resp J 2005 ; 26 : 12s et Eur Respir J 2005 ; 26 : 657-61.

Quel type de chimiothérapie choisir pour les cancers neuro-endocrines à grandes cellules ? La prise en charge thérapeutique diffère selon le diagnostic histologique avec des approches différentes selon qu’il s’agit d’un carcinome non à petites cellules ou d’un carcinome à petites cellules. Or, il apparaît clairement qu’au sein des carcinomes non à petites cellules, une différenciation de type adénocarcinome représente un facteur prédictif de réponse aux inhibiteurs de EGF-R. Une différenciation neuro-endocrine a-t-elle des implications thérapeutiques ? Le carcinome neuroendocrine à grandes cellules (CNEGC) appartient aux tumeurs neuro-endocrines : il est caractérisé par une prolifération carcinomateuse de cellules tumorales de grande taille, des signes morphologiques de différenciation neuro-endocrine comme une architecture en palissade ou en rosettes, la présence de mitoses et en immunohistochimie l’expression de plusieurs marqueurs neuro-endocrines [1]. Une variante de ce CNEGC est le CNEGC combiné avec une composante de carcinome non à petites cellules. La prise en charge thérapeutique optimale de ces CNEGC n’est pas définie. La résection chirurgicale doit être proposée dans les formes résécables. La chimiothérapie la plus adéquate est pour certains une chimiothérapie de type « non petites cellules », pour d’autres une chimiothérapie de type « petites cellules » associant un sel de platine et l’étoposide. G Rossi a présenté les résultats d’une étude de