Physiopathologie de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI)

Physiopathologie de la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI)

Revue des Maladies Respiratoires Actualités (2011), 4, S109-S110 ISSN 1877-1203 Revue des Maladies Respiratoires Organe Officiel de la Société de Pn...

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Revue des Maladies Respiratoires Actualités (2011), 4, S109-S110 ISSN 1877-1203

Revue des

Maladies

Respiratoires Organe Officiel de la Société de Pneumologie de Langue Française

Actualités La fibrose pulmonaire idiopathique au CPLF 2011

68518

Numéro réalisé avec le soutien institutionnel du laboratoire InterMune

www.splf.org

Septembre Vol 3 2011

Supplément

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Physiopathologie de la Àbrose pulmonaire idiopathique (FPI) D’après la communication de B. Crestani Service de Pneumologie, Hôpital Bichat-Claude Bernard, 46, rue Henri-Huchard, 75877 Paris cedex 18

Article rédigé par Yurdagül Uzunhan Service de Pneumologie, Hôpital Avicenne, 125 rue de Stalingrad, 93009 Bobigny, France ; UPRES 2363, Université Paris 13, Bobigny, France

La Àbrose pulmonaire idiopathique (FPI) est caractérisée sur le plan histologique par l’existence de foyers Àbroblastiques jeunes qui forment une structure tridimensionnelle coordonnée à base pleurale [1]. L’unité épithélio-mésenchymoendothéliale constitue le trigone de la physiopathologie de la maladie. La lésion initiale concernerait la cellule épithéliale qui présente des anomalies telles qu’une apoptose excessive [2,3], et un stress du réticulum endoplasmique [4]. Les interactions entre cellules épithéliales et Àbroblastes garantes en temps normal d’une réparation harmonieuse seraient dérégulées aboutissant à une prolifération, une activation et un recrutement de Àbroblastes et de myoÀbroblastes à l’origine d’un excès de production de matrice extra-cellulaire. La cellule épithéliale semble être la cible des principales anomalies génétiques à l’origine des Àbroses familiales telles que les mutations des gènes des protéines du surfactant (SPB, SPC) [5] et les mutations des télomérases [6,7]. L’accumulation des Àbroblastes et des myoÀbroblastes serait la conséquence de trois phénomènes qui sont la prolifération et l’activation du pool local de Àbroblastes, le recrutement de progéniteurs médullaires (notamment les Àbrocytes) et une transition épithélio-mésenchymateuse

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qui concernerait près de 30 % des Àbroblastes accumulés dans un modèle murin. L’augmentation du nombre des Àbrocytes circulants a été mise en évidence au cours des épisodes d’exacerbation aigue (EA) de Àbrose avec un seuil pronostique à 5 %. En effet, Moeller et al. ont montré que le taux de Àbrocytes circulants constituait un facteur prédictif indépendant de mortalité précoce en cas d’EA [8]. Une survie médiane de 7,5 mois était observée si le taux de Àbrocytes circulant était supérieur ou égal à 5 % et cette durée passait à 27 mois s’il était inférieur à 5 %. Ainsi le taux de Àbrocytes circulants était multiplié par 10 dans l’EA et revenait à la normale dans les rares cas de survie après cet épisode. En revanche, et de façon intéressante, les patients ayant un syndrome de détresse respiratoire aiguë avaient un taux de Àbrocytes circulants comparable aux sujets sains, suggérant ainsi un mécanisme pathogénique distinct entre ces deux phénomènes ayant pourtant en commun un dommage alvéolaire diffus. EnÀn, le rôle de l’inÁammation au cours des processus Àbrosants pulmonaires interviendrait dans une seconde étape de la maladie. L’activation des cellules épithéliales et des Àbroblastes favoriserait le recrutement local de cellules immunes et inÁammatoires dans le poumon. Dans les formes

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D’après la communication de B. Crestani

évoluées de FPI, il existe en effet une inÀltration pulmonaire importante par des lymphocytes T, des lymphocytes B et des cellules dendritiques, à la fois dans les zones de Àbrose dense et dans les zones peu Àbreuses avec formation de véritables follicules lymphoïdes secondaires [9,10]. Les lymphocytes T matures et activés présents dans ces structures lymphoïdes ne semblent pas proliférer, d’où leur relative insensibilité aux corticoïdes et aux immunosuppresseurs. Cette néo-lymphoidogénèse pourrait contribuer au développement d’une réponse immune dirigée contre des antigènes pulmonaires, qui pourraient devenir ensuite la cible de la réponse inÁammatoire [11].

ConÁits d’intérêts B. Crestani a perçu des honoraires pour la présentation réalisée dans le symposium organisé par le laboratoire Intermune au cours du CPLF 2011 qui fait l’objet de cet article. Y. Uzunhan : Aucun.

Références [1]

[2]

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