Un espoir dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique

Un espoir dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique

À l’issue de cette première phase, les 901 sujets qui gardaient un taux de LDL-C supérieur à 0,75 g/L ou qui avaient bénéficié du traitement maximal (...

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À l’issue de cette première phase, les 901 sujets qui gardaient un taux de LDL-C supérieur à 0,75 g/L ou qui avaient bénéficié du traitement maximal (atorvastatine 80 + ézétimibe) ont été randomisés pour recevoir un traitement par évolocumab, administré une fois par semaine en sous-cutanée (420 mg) pendant 1 an ou un placebo (ratio 2/1). Une diminution significative du LDL-C, par rapport au placebo, est atteinte dès le troisième mois de traitement par l’évolocumab, (- 57,0 ± 2,1 %, p < 0,001) et augmente au cours de l’année du traitement, atteignant - 82,3 % pour les sujets sous évolocumab, contre - 6,4 % pour le placebo. Cette efficacité est observée pour les patients qui avaient reçu tout type de traitement au départ, y compris les

patients les plus sévères. Une diminution significative est également observée sur d’autres marqueurs lipidiques, notamment triglycérides et apolipoprotéine B. Une augmentation modeste (+ 5,4 %) mais significative du HDL-C est également attribuable au traitement par l’anticorps. Des effets indésirables sont signalés (rhinopharyngites, infections respiratoires hautes, syndromes pseudogrippaux…) mais leur fréquence (autour de 75 %) n’est pas différente entre les deux groupes de traitement. L’arrêt du traitement est néanmoins plus fréquent sous évolocumab (2,2 % vs 1 %), témoignant d’une moins bonne tolérance de l’anticorps comparé au placebo. Cet essai de phase 3 confirme donc l’efficacité majeure de l’évolocumab pour

réduire le taux de LDL-C, y compris chez les sujets les plus sévères et/ou ceux en échec d’un traitement par une statine, associée ou non à l’ézétimibe. Les anti-PCSK9 pourraient ainsi modifier le pronostic des sujets les plus sévères (comme ceux porteurs d’hypercholestérolémie familiale) ou ceux intolérants aux statines. Il reste néanmoins à démontrer que cette efficacité sur les marqueurs lipidiques s’accompagne bien d’une réduction des événements cardiovasculaires chez les sujets traités… Les réponses sur ce point sont attendues dans quelques années.

Blom DJ, Hala T, Bolognese M, et al. N Engl J Med 2014;370:1809-19. doi: 10.1056/ NEJMoa1316222.

Un espoir dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique La fibrose pulmonaire idiopathique (FPI) est une atteinte pulmonaire d’évolution potentiellement mortelle. Le traitement de cette affection se résumait aux traitements palliatifs ou à la transplantation pulmonaire jusqu’au moment où l’on identifie différents facteurs cellulaires intervenant dans la physiopathologie de la FPI, autorisant ainsi des approches thérapeutiques nouvelles. Le nintedanib est un inhibiteur de tyrosine kinases qui cible précisément les récepteurs de certains facteurs de croissance, et notamment les récepteurs du facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF-R), du facteur de croissance du fibroblaste (FGF-R) et du facteur de croissance dérivé des plaquettes. Un essai de phase 2 avait montré que le nintedanib pouvait réduire le déficit fonctionnel pulmonaire et la fréquence des poussées aiguës de FPI, autorisant la mise en place d’essais de plus grande envergure. Les résultats des essais INPULSIS -1 et INPULSIS-2 semblent confirmer les espoirs placés dans cette molécule. Ces deux essais, de protocole identique, ont comparé en double aveugle un traitement de 150 mg de nintedanib, administré deux fois par jour pendant 1

an, à un placebo. Les patients, devaient être atteints de FPI de gravité modérée (capacité vitale forcée [CVF] supérieure à 50 % des valeurs prédites), les critères de jugement étant la cinétique d’évolution de cette CVF (critère principal), la tolérance et le délai avant la première exacerbation aiguë.

et 113,6 mL sous placebo (p < 0,001). Le délai avant la première exacerbation aiguë est similaire dans INPULSIS -1 entre le groupe traité et le groupe contrôle (risque relatif sous nintedanib = 1,15; p = 0,67), mais il est significativement plus long sous nintedanib dans INPULSIS-2 (risque relatif = 0,38; p = 0,005). Aucune différence significative n’est observée sur d’autres paramètres comme le score au questionnaire Le nintedanib semble respiratoire de St-Georges ou la morralentir la progression talité. Du point de vue de la tolérance, on note essentiellement la survenue de de la FPI, mais il diarrhée sous nintedanib (fréquence à 62 % vs 18,4 % sous placebo), mais faut encore évaluer cet effet indésirable n’a justifié un arrêt le devenir des patients du médicament que chez moins de 5 % des patients. traités et la tolérance Le nintedanib semble donc bien ralentir de la nouvelle molécule. la progression de la FPI, mais il faudra attendre encore pour évaluer à long terme le devenir des patients traiAu total, 1 066 patients ont été randomi- tés et la tolérance de cette nouvelle sés dans un rapport de 3/2 pour recevoir molécule. soit le nintedanib, soit le placebo. Les patients traités par l’inhibiteur évoluent moins vite, avec un taux annuel ajusté Richeldi L, du Bois RM, Raghu G et al. N de diminution de la CVF de 114,7 et de Engl J Med., 2014; publication avancée 93,7 mL (essais INPULSIS-1 et INPUL- en ligne le 18 mai. DOI: 10.1056/ SIS-2 respectivement), contre 239,9 mL NEJMoa1402584.

REVUE FRANCOPHONE DES LABORATOIRES - SEPTEMBRE/OCTOBRE 2014 - N°465 CAHIER 1 //

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