Vaccination anti-microbienne et Immunostimulation dans les Infections respiratoires récidivantes

Vaccination anti-microbienne et Immunostimulation dans les Infections respiratoires récidivantes

MEDECINE ET MALADIES INFECTIEUSES 1978 -- 8 -- n° 10 -- 477-482. Vaccination anti-microbienne et Immunostimulation dans les Infections respiratoires ...

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MEDECINE ET MALADIES INFECTIEUSES 1978 -- 8 -- n° 10 -- 477-482.

Vaccination anti-microbienne et Immunostimulation dans les Infections respiratoires r cidivantes* par J. MEAUME**, G. FANET**, J.C. BAZIN** et E. H E N O C Q * * La pathologie infectieuse r$cidivante des voies O.R.L. et bronchiques de l'enfant et de l'adulte Constitue un probl~me fr~quemment rencontrd par le mddecin praticien. A i n s i que l'$crit Voisin (27), le m$canisme de d$fense des voies respiratoires contre les agressions microbiennes est complexe. Y participent : -- l'activit~ ciliaire de l'~pith~lium respiratoire, -- la d~fense de surface od participent de nombreuses ~ubstances ~t activit~ anti-infectieuse comme le lysozyme, la lactoferrine, les immunoglobulines G e t A de s~cr~tion, etc. -- des m~canismes cellulaires repr$sentds par les macrophages alv$olaires, en collaboration avec certaines lign$es lymphocytaires.

Aucun des moyens ainsi identifi~s, m6caniques, humoral ou phagocytaire n'apparalt capable, /~ lui seul, d'assurer l'~limination des bact~ries inhal6es. les IgG et les IgA des s~cr~tions bronchiques ne poss~dent pas d'activit~ antibact~rienne directe capable d'entrMner la destruction des germes ; la cooperation entre ces diff~rents m~canismes est donc indispensable (27). En dehors du tractus respiratoire d'autres tissus peuvent ~tre le si~ge d'infections ~ r~p~tition dans lesquelles interviennent des perturbations des m~canismes de d~fense immunologique humoraux ou cellulaires : la peau (~rysip~le, furonculose), les muqueuses (conjonctivites, colites, vaginites, etc.). L'allergie microbienne est plus sp~cialement ~voqu~e dans des cas d'urticaire chronique, d'ecz~ma, de conjonctivites, de bl~pharites, de vascularites, etc. (15) (23). L'importance des r~actions cutan~es d'hypersensibilit6 retard~e, la provocation ou l'exacerbation (parfois la s~dation) des symptomes dans les heures qui suivent les tests cutan~s microbiens sont a u t a n t d'arguments en faveur de cette hypoth~se. Parfois un foyer microbien precis (focal sepsis) dfi ~ des microbes a~robies ou ana~robies (12) (19) peut ~tre mis en ~vidence ; il s'agit le plus

* Communication pr4sent~e dans le cadre de la Troisi~me Journ~e d'Immuno-AllergologieMicrobienne de t'H6pital de l'Institut Pasteur, 12.3.1977; Paris. ** Consultation d'Allergologie, H6pital de l'Institut Pasteur, 28 rue du Docteur Roux, 75015 Paris.

souvent d'un granulome dentaire, d'une parondontose, d'une amygdalite ou d'une infection sinusienne. L'~radication de celui-ci ou un traitement par les antibiotiques permet dans certains cas d'apporter la preuve d~cisive de l'action sensibilisante sur l'organisme par l'am61ioration clinique obtenue.

EXPLORATION DE L'ALLERGIE M I C R O B I E N N E Principaux vaccins microbiens

Divers vaccins polymicrobiens sont a la disposition des praticiens. Le choix des bact~ries et les proportions respectives de ces derni~res ont ~t~ d~termin~s /l la suite de travaux exp~rimentaux sur la flore habituelle des bronches au cours des bronchites chroniques. La composition du vaccin C.C.B. de l'Institue Pasteur (Streptocoques, Neisseria, Pneumocoques) a ~t~ choisie ~ la suite des travaux de Pasteur Vallery-Radot, Blamoutier et Nitti (22). R~cemment Vergez et Riou (26) ont analys6 de fa~on qualitative et semi-quantitative la fiore bact~rienne a~robie isol~e de l'expectoration de malades atteints d'infections bronchiques. Ces auteurs ont d~fini trois esp~ces virulentes principales : Diplococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae, Branhamella catarrhalis. En dehors de ces trois bact6ries ont ~t~ retrouv6s ~galement Klebsiella, Moraxella, Pseudomonas, Streptococcus mitis, Staphylococcus aureus. 477

Dans une 6tude qualitative portant sur 3500 expectorations d'adultes hospitalis~s pour des affections respiratoires aigu~s ou chronique & Toulouse, Galtier et coll. (8) ont relev~ la presence tr~s fr~quente d'Haemophilus, de Pseudomonas, d'Escherichia coli, de Klebsiella, de Pneumocoques, de Staphylocoques, etc. L'action nocive des bact6ries sur l'organisme est complexe ; certains microbes agissent par leur multiplication c'est-h-dire leur virulence : l'exemple le plus connu est celui du pneumocoque ; d'autres par leurs toxines : streptocoque, staphylocoque dor6 dont Hoorn et Lofkvist (16) ont mis en ~vidence in vitro l'effet cilio-inhibiteur des filtrats de culture. Les associations entre les bact~ries de pouvoir pathog~ne vari~ sont tr~s fr~quentes (Haemophilus + Klebsiella) (Haemophilus + Pseudomonas) etc. Le pouvoir de stimulation de l'immunit~ humorale ou cellulaire de ces diff6rentes bact6ries n'est pas parall~le a leur pouvoir pathog~ne ; certaines d'entre elles suscitent la formation d'anticorps par leurs toxines (streptolysine O du Streptocoque) ; d'autres par leurs polysaccharides (KlebsieUa pneumoniae) et leur peptidoglycanes agissent a la lois sur l'immunit~ cellulaire et humorale. Des bact~ries, bien que pr~sentes en petit hombre dans les bronches, induisent des manifestations immunitaires importantes (Klebsiella, Streptocoque) ; alors que d'autres, bien que parfois tr~s nombreuses, n'entrainent que de faibles r6actions d'hypersensibilit6 retard6e (Pneumocoque). La vole d'introduction des vaccins antimicrobiens dans l'organisme est habituellement la voie sous-cutanee ou intradermique, mais d'autres voies sont utilisables (voie perlinguale, voie nasale et surtout voie bronchique par l'interm~diaire d'a~rosols) qui sont susceptibles de permettre un acheminement plus sp6cifique des antig~nes au niveau des organes otl ils doivent stimuler l'immunit~. Tests m i c r o b i e n s

Les tests microbiens sont pratiqu~s en injectant la face externe du bras 1/10 de ml d'une suspension de bact6ries a u n milliardpar ml, soit 100 millions de corps microbiens par intradermor4action (29). Nous avons habituellement utilis~ des suspensions de Staphylocoqae, de Streptocoque, de Neisseria, de pneumocoque, de KlebsieUa et d'Haemophilus. En ce qui concerne le Streptocoque, ont ~t~ utilise ~galement les exoprot~ines totales d6toxifi6es, lib~r~es par les germes dans ses milieux de culture h la concentration de 1/100 et la Varidase (Streptokinase Streptodornase SK-SD) h la concentration de 10 unit~s. Nous ne d~taillerons pas les caract~res cliniques des r6actions cutan6es qui ont 6t6 tr~s souvent d6crits. 478

Des r6actions pr6coces de type r~aginique produisent avec le Staphylocoque mais peuvent aussi apparattre avec d'autres germes. EUes sont peu fr~quentes. Les r6actions semi-tardives s'observent souvent, probablement en rapport avec la multiplicit~ des antig~nes introduits dans le derme, mais le m a x i m u m de r~action cutan6e se manifeste pour l'ensemble des bact~ries &la 24~me ou & la 48~me heure et peut 6tre consider6 une r~action d'hypersensibilit6 retard6e. se

c o m m e

L'injection intradermique de P 40 (fraction isol6e des parois de corynebacterium granulosum) a la dose de 0,02 m g / m l ne produit de r~action d' hypersensibilit6 cutan6e ni immediate ni retard6e. A la dose de 0,2 mg/ml, l'hypersensibilit~ cutan6e imm6diate est tr~s faible, l'hypersensibilit~ retard~e toujours absente. I1 faut atteindre 2 m g / m l pour obtenir une r~action positive immediate et retard~e au P 40 (14). D'ailleurs une ~tude effectu6e avec des preparations de Corynebacterium granulosum donne : 80% de r6sultats positifs sous forme de suspension bact6rienne. 40% de r~sultats positifs sous forme d'extraits de paroi. moins de 20% de r6sultats positifs sous forme de fraction isol~e de paroi (P 40) quand on effectue des tests d'hypersensibilit6 cutan6e. --

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--

Lors de la mise en ceuvre des tests cutan~s avec les antig~nes bact~riens isol~s ou les vaccins polymicrobiens la r~apparition des symptomes O.R.L. ou bronchiques ou la survenue d'une crise d'urticaire, la r6activation du prurit d'un eczema sont interpr6t~es comme a u t a n t de r~actions syndromiques sp~cifiques caract~ristiques de l'allergie microbienne. A l'inverse, une sensation de Forte reoctivite cutanee Reaction syndromique POSITIVE

33 cos

16,5 %

Reactivite cutanee moderee Reaction syndromique NEGATIVE

141 cos

70,5 %

26 cas

13 %

Absence de reactivite cutanee Reaction syndromique NEGATIVE

TABLEAU I Hypersensibilit~retard6e au CCB 6 (200 sujets). N.B. : Compositiondu CCB 6 (nombre de bact~ries/ml) Streptocoques 1 250 000 000 Neisseria 500 000 000 Pneumocoques 500 000 000 Staphylocoques 500 000 000 Haemophilus 1 000 000 000 Klebsiella 250 000 000

fatigue avec r6action f6brile et insomnie est surtout observ6e chez l'enfant ; il arrive enfin que l'effet du test soit b6n6fique par lui-m6me et se manifeste par une s6dation brusque de la symptomatologie. Le tableau I montre les r6sultats obtenus & la Consultation d'Allergologie de l'Hopital Pasteur en testant au CCB 6, 200 sujets atteints d'affections O.R.L. et bronchiques.

RI=SU LTATS CLINIQUES Malades fortement sensibilis6s

--Lorsque les tests ont montr6 une forte hypersensibilit6 cutan6e retard6e aux antig6nes microbiens, la recherche d'un foyer infectieux sensibilisant est souvent positive (15) (3). Le traitement doit 6tre conduit avec de faibles doses de bact6ries ou de vaccins. En effet, l'h6te se trouvant le plus souvent en exc6s d'antig6nes, toute injection trop concentr6e risquerait de provoquer une r6ponse de type anamnestique secondaire (13). L'emploi. du vaccin C.C.B. a apport6 pendant plus de 40 ann6es aux cliniciens des r6sultats th6rapeutiques incontestables, que la venue r6cente sur le march6 de vaccins plus polyvalents (M.R.V., C.C.B. 6, Catarrh Vaccin) ne s a u r a i t faire oublier. Cependant, la pratique des tests cutan6s effectu6s avec des bact6ries s6par6es montre que l'hypersensibilit6 retard6e & chacune d'entre elles est d'intensit~ variable selon les sujets et permet d'effectuer un choix entre les vaccins ou de composer un m61ange encore plus sp6cifique avec les suspensions isol6es de germes ( D i v a s t a 4H a e m o p h i l u s ) ou des exotoxines d6toxifi6es (Klebsiella 4- Streptolysine O). -- Chez les malades sensibilis6s non sp6cifiquement, l'immunoth6rapie apporte aussi un effet favorable. Les am61iorations observ6es ne semblent pas ici li6es directement & une 6troite sp6cificit6 des antig6nes et ob6issent a des r6gles moins pr6cises quant aux concentrations bact6riennes utilisables. Ici encore les meilleurs r6sultats sont obtenus par l'administration r6p6t6e intervalles r6guliers, suivant un temps assez long, de doses fixes d'antig6nes microbiens (11). Malades faiblement sensibilis6s Par contre, chez les malades n ' a y a n t montr6 qu'une hypersensibilit6 retard6e tr6s faible aux bact6ries, le traitement a 6t6 conduit avec des doses d'antig6nes ou de vaccins beaucoup plus fortes (concentrations de l'ordre de 200 000 000 de bact6ries par ml). Lorsqu'aucune am61ioration n'6tait obtenue, nous avons cherch6 & stimuler les d6fenses immunitaires par l'adjonction d'adju-

juvants tels que l'hydroxyde d'alumine & 2°/~ la P.P.D., la R6ticulostimuline et la fraction P 40 extraite de C o r y n e b a c t e r i u m g r a n u l o s u m (2). Des r6sultats positifs ont 6t~ obtenus et l'administration de P40 a 6t6 faite 6galement chez certains malades en dehors m6me de toute adjonction de vaccin microbien. L'exaltation de l'immunit~ &m6diation ceUulaire par les adjuvants tels que le P40 a 6t6 en effet d6montr6e par Henocq et coll. (10) chez des sujets qui, ne r6agissant pas initialement & certains antig6nes, pr6sentent apr6s trois semaines de stimulation (injection d'antig~ne et de P40 suivant un rapport optimum) une hypersensibilit~ retard6e positive a c e s antig6nes. D'autre part, les m6mes auteurs ont montr6 que l'adjonction simultan6e d'un antig6ne non r6actif &l'adjuvant 6tait capable de provoquer une r6action positive, l& otl ni l'adjuvant ni l'antig6ne ne provoquaient de r6action cutan6e. Henocq et colI. (14) ont publi6 le cas significatif d'un malade atteint de dilatation des bronches tr6s am61ior6 par cette th6rapeutique. Cependant certains malades ne paraissent stimulables ni par les antig6nes microbiens, ni par le P40 associ6 ou non avec ces antig6nes. Quels m6canismes immunologiques sont susceptibles d'intervenir dans le mode d'action des vaccins microbiens et des adjuvants ? C'est ce que nous allons essayer de discuter maintenant tr6s bri6vement.

DISCUSSION

M6canismes sp6cifiques Des anticorps sp6cifiques sont pr6sents dans le s6rum des malades a y a n t subi des infections bact6riennes ou des injections de vaccins. 1 -- S t a p h y l o c o q u e : Eisen (6) a mis en 6vidence la pr6sence d'anticorps pr6cipitants et h6magglutinants chez l'homme et chez le lapin apr6s administration de vaccin antistaphylococcique. 2 -- S t r e p t o c o q u e : d'innombrables t r a v a u x (6) ont montr6 l'existence d'anticorps antistreptococcique. Plus de 25 arcs de pr6cipitation sont d6cel6s chez l'adulte contre les seuls antig6nes diffusibles du streptocoque (1). Le rSle jou6 par la prot6ine M, sp6cifique de type, semble essentiel dans l'immunit6 anti-streptococcique. Les anticorps dirig6s contre elle ont une action opsonisante, permettant aux polynucl6aires de phagocyter les bact6ries. 3 - - N e i s s e r i a : les N e i s s e r i a saprophytes et B r a n h a m e l l a catarrhalis suscitent la production

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d'anticorps qui ont ~t~ peu 6tudi~s, il n'existe en tout cas aucune fraction antig6nique commune avec Neisseria m~ningitidis. 4 -- Pneumocoque : les pneumocoques contiennent dans la paroi de leurs capsules des antig~nes polysaccharidiques (17) dont on connait environ 80 types s~rologiques ~ l'heure actuelle. A chacun de ces types correspond un anticorps sp6cifique. Eisen (6) a mis en ~vidence chez l'homme la pr6sence d'anticorps h~magglutinants dirig~s contre le polysaccharide pneumococcique de type II. 5 -- Klebsiella : les polysaccharides des capsules de Klebsiella sont fortement antig6niques. Richard (24) a pr~par6 72 antiserums anticapsulaires distincts lui permettant un typage sp~cifique des souches. 6Haemophilus: Burns et May (4) puis Voisin (27) ont ~tabli la presence de pr~cipitines dirig~es contre Haemophilus influenzae dans le s6rum des malades qui pr~sentent des affections bronchiques chroniques. L'ant'icorps correspondant ~ l'un des arcs de precipitation (arc H1) se retrouve chez 69% des malades souffrant d'une bronchite mucopurulente ou obstructive alors qu'il n'est present que chez 25 % seulement des malades avec une bronchites simple (5). Des communaut~s antig6niques ont ~t~ d~montr~es entre les polysaccharides capsulaires (antigOne K1) de certaines souches d'Escherichia coli et Neisseria meningitidis groupe B, de m~me qu'entre certains pneumocoques (type 29) et certains Haemophilus influenzae (type b) (25). Les anticorps anticapsulaires conf~rent l'immunit~ vis-avis des Neisseria (meningitidis), des pneumocoques et des Haemophilus influenzae (25}. Les anticorps antibact~riens sont tr~s nombreux et divers, susceptibles 6galement de donner des r~actions crois~es. Mais nous sommes tr~s peu stirs de leur r61e v~ritable. Dans quelle mesure sont-ils des ~16ments de d6fense efficace de l'organisme contre les r~infections microbiennes ou des t~moins des infections ant6rieures ou des injections de vaccins ? De toute fa~on l'ignorance dans laqueUe nous sommes aujourd'hui encore de la nature exacte du ou des antig~nes vaccinants pour chaque bact~rie ne laisse pas esp6rer qu'un vaccin microbien contienne, sous forme active, tous les 616ments essentiels des souches bact6riennes, d~terminant une immunit~ humorale sp~cifique. I1 est de ce fair plus probable que les vaccins microbiens inject~s mettent en jeu des m6canismes cellulaire plus ou moins sp6cifique d'immunostimulation. 480

M6canismes cellulaires

Les bact~ries sont en effet une source bien connue d'adjuvants : cellules tu~es de mycobact6ries, cellules vivantes de B.C.G., corynebact6ries ana~robies et leurs extraits (R~ticulostimuline, P40 etc.) En outre, les parois d'un tr~s grand nombre de bact6ries contiennent des peptidoglycanes ou mucopeptides dont Nauciel (21) a montr~ qu'ils jouaient le rSle d'adjuvants, notamment pour le streptocoque. L'activit6 adjuvante se retrouve ~galement dans les antig~nes polysaccharidiques tels que le polysaccharide capsulaire de Klebsiella pneumonia (20) qui augmente la r~ponse immunitaire fi m~diation par anticorps. Les vaccins microbiens et les immunoadjuvants sont susceptibles d'intervenir au niveau des macrophages, des lymphocytes B e t T. Bien que Fauve et Hevin (7) aient not~ exp6rimentalement un pouvoir bact6ricide accru des macrophages spl~niques et h~patiques chez les animaux trait~s par Corynebact#rium parvum, la protection contre l'infection microbienne par ce seul effet n'est que partieUe et ne s'exerce pas contre l'infection par certains germes tels que Staphylococcus aureus. I1 est donc vraisemblable que c'est au niveau des lymphocytes que se manifeste l'action des vaccins. Nous savons aujourd'hui l'extr~me diversit~ des types lymphocytaires et des ~changes d'information entre ces cellules. Waldman (28) puis Ganguly et Waldman (9), ~tudiant l'augmentation de l'immunit~ m~diation cellulaire, observent la courte dur~e de celle-ci compar6e aux r6ponses par anticorps. Ces autet~rs d~montrent l'existence au niveau du poumon d'une immunit~ a m~diation ceUulaire locale, comportant la participation de macrophages et de lymphocytes T dont il existe de nombreuses formations dans l'~pithelium bronchique, Cette immunit~ cellulaire locale serait douse d'une ,, m6moire ,, qui pourrait jouer un r61e essentiel dans la d~fense antibact6rienne, la protection ne r~sultant pas d'une immunit6 permanente mais de l'activation rapide de lymphocytes immuns ~ la suite de la r6introduction dans l'organisme de l'antig~ne. Ainsi s'expliquerait le fait que seule l'administration r6p6t~e et permanente des vaccins microbiens est capable de provoquer et de maintenir une protection efficace de l'organisme vis-a-vis des agressions bact~riennes, ce que confirme l'exp~rience clinique.

CONCLUSION

Nous avons vu que les malades souffrant d'infections r6cidivantes ~taient diff6rents dans

l e u r s r 6 p o n s e s vis-&-vis des a n t i g 6 n e s . A ce p r o p o s , des 6 t u d e s e n c o u r s s u r la r 6 p o n s e i m m u n i t a i r e ~ l ' i n j e c t i o n de r a p p e l & l ' a n a t o x i n e t 6 t a n i q u e m o n t r e n t q u ' i l e s t difficile d ' 6 t a b l i r u n e relation directe entre l ' i m m u n i s a t i o n h u m o r a l e et c e r t a i n s d 6 f i c i t s (ou s u p p o s 6 s tels) de l ' i m m u n i t 6 & m 6 d i a t i o n c e l l u l a i r e . I1 e s t d o n c p r o b a b l e s i n o n c e r t a i n q u e les r 6 s u l t a t s t h 6 r a p e u t i q u e s i n d i s c u t a bles q u e p r o c u r e n t s o u v e n t les v a c c i n s s e u l s o u a s s o c i 6 s ~ d e s a d j u v a n t s , o u les a d j u v a n t s s e u l s s o n t la t r a d u c t i o n d ' u n e m a j o r a t i o n d e s d 6 f e n s e s de l ' o r g a n i s m e s c o n t r e l ' i m p l a n t a t i o n de b a c t 6 r i e s p a r a s i t e s d a n s u n t e r r i t o i r e d o n t elles d e v r a i e n t n o r m a l e m e n t ~tre a b s e n t e s . M a i s l ' 6 t a t a c t u e l des p r 6 p a r a t i o n s v a c c i n a n t e s e t des a d j u v a n t s e s t b e a u c o u p t r o p i m p a r f a i t p o u r

RI~SUM#

p e r m e t t r e u n e a p p r o c h e p r 6 c i s e de l e u r m o d e d ' a c t i o n , d ' a u t a n t p l u s q u e les ceUules r 6 a g i r o n t & u n e telle s t i m u l a t i o n p a r l a l i b 6 r a t i o n de s u b s t a n ces m 6 d i a t r i c e s d e l ' i m m u n i t ~ ( l y m p h o k i n e s ) { t r a n s f e r factor} m a i s a u s s i de l ' i n f l a m m a t i o n ( b r a d y k i n i n e , S . R . S . A . , etc.} et q u e l ' a v e n i r s e m b l e p l u s d a n s la p r 6 p a r a t i o n de m 6 d i a t e u r s o u d ' a n t i g 6 n e s s p 6 c i f i q u e s s u s c e p t i b l e s de les faire s 6 c r 6 t e r p a r l a cellule q u e d a n s l ' 6 1 a b o r a t i o n d e pr6parations polymicrobiennes dont l'activit6 ne p e u t 6tre q u e d i s p a r a t e . Enfin, l'utilisation d'adjuvants & partir de b a c t 6 r i e s t u 6 e s n e p e u t a v o i r les m 6 m e s a c t i o n s q u e celles d ' a d j u v a n t s v i v a n t s c o m m e le B . C . G . r e p l i c a t i o n i n t r a c e l l u l a i r e i m p o r t a n t e et c o n t i nuelle.

Pour combattre les infections r6cidivantes des voies a6riennes sup6rieures et inf6rieures, les vaccins bact6riens constituent une th6rapeutique 6prouv6e mais de m6canisme d'action mal connu. Ces vaccins sont compos6s de : staphylocoque, streptocoque, Neisseria, pneumocoque, Klebsiella, Haemophilus qui sont les germes les plus fr~quemment retrouv6s au cours des examens bact6riologiques. Les tests indradermiques effectu6s avec ces bact6ries permettent une appreciation objective de l'immunit6 &m6diation cellulaire de l'h6te. On peut distinguer ainsi deux groupes de malades : a) ceux qui ont une forte hypersensibilit6 : ils doivent 6tre traites par une immunoth6rapie faible dose ; a) ceux qui ont une faible hypersensibilit6 : ils peuvent ~tre trait6s par une immunoth6rapie plus forte dose associ~e ou non & un immuno-adjuvant. L'immunit6 anti-bact6rienneest complexe : les m6canismes sp6cifiques ne sont pas seuls en cause, des m6canismes cellulaires g6n6raux et locaux participent 6galement & la d6fense de l'organisme. Ces derniers m6canismes semblent devoir 6tre stimul6s fr6quemment pour s'exercer avec efficacit~.

M o t s clef : Vaccination antimicrobienne - Hypersensibilit6 retard~e - Immunostimulation.

SUMMARY

Bacterial vaccines are usually effective in the prevention of the upper and lower respiratory tract recurrent infections but their mode of action is poorly understood. These vaccines are composed of : staphylococcus, streptococcus, Neisseria, st. pneumonial, Klebsiella and Haemophilus (th6se organisms being the most common invaders of the respiratory tract}. Intracutaneous tests perfomed with these bacteria allow an objective evaluation of the host's cell-mediated immune response. Two groups of patients are identified : a) in patient with a highcell-mediated hypersensitivity, immunotherapy has to be perfomed wth low doses of antigens ; a) in patient with a poor skin sensitivity, immunotherapy has to be perfomed with higher doses of antigens, associated or not to an immuno-adjuvants. Bacterial immunity is a complicated matter : specific mechanisms are involved as well as non specific systemic and local cell mediated immune response. These latter mechanisms have to be frequently stimulated in order to keep their effectiveness.

Key-words : Antimicrobial vaccination - Delayed hypersensitivity - Immunostimulation.

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